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Dans ce projet , le spectateur est invité à rentrer dans la pièce par un petit escalier (surélèvement du plancher); au fond est projetée une image fixe (vidéo) d'un dessin technique filaire.

Vague de Bois

Au sol se trouve un plancher qui grince légèrement sous ses pieds.
En arrivant dans la pièce, sa présence déclenche devant lui une "Vague De Bois" formée par les planches mises en mouvement. Le spectateur donne l'impulsion à une onde de bois se propageant sur le sol et vers le mur du fond, sur lequel l'image est mise en mouvement. Cette vague est une sinusoïdale à quatre crêtes.

Cette image reprend exactement le dispositif présent dans la pièce: c'est une simulation 3D du dispositif.

L'espace 3D émerge ainsi du dessin en conservant son caractère indicatif, restant délibérément aussi simple qu'une épure, une abstraction qui se greffe sur une autre.
La simulation constitue un espace symbolique intermédiaire, entre le dessin et la réalisation finale.

Le concept d'intermédiaire ici est double : il implique la "médiation" et "l'hybridation".
L'espace 3D n'est pas un détail destiné à faire illusion mais simplement une indication de similitude. Il suffit à produire assez d'analogie pour pouvoir tester les différences entre lui et l'espace réel.

La sinusoïde dans l'espace simulé avance à la même vitesse que celle qui se trouve à l'intérieur de l'espace réel , l'on comprend que l'onde "conductrice" s'est propagée de l'espace réel vers l'espace simulé, qu'elle ne s'arrête pas à l'espace réel.

L'action est donc passée par un déplacement d'un système dans un autre, d'une forme physique , mécanique et électrique à une image numérique programmée. L'instabilité du moteur, de la mécanique est donc captée en temps réel et retransmise a l'image numérique par sa valeur de rotation.

L'instantanéité de la relation de cause à effet accentue la magie d'une transgression des frontières entre des univers hétérogènes, mais le plaisir de l'effet réside ici dans sa délicatesse et dans la charge "poétique" du dispositif.

Le fil conducteur de cette continuité est le "mouvement" et non l'espace.
Ceci se vérifie par le point de vue de la scène montré à l'écran, si l'espace été le fil conducteur, la perspective de l'espace simulé serait en continuité avec celui de l'espace réel formant une sorte de couloir infini.
Le mouvement sinusoïdale devient alors une sorte de "conducteur", l'opérateur d'un passage, d'un glissement entre les deux espaces, le lieu d'un échange entre dimensions.

Cette machine est aussi une sculpture, un objet dynamique en mouvement .

C'est d'autre part une sculpture sonore: le bruit régulier produit par les mouvements de va-et-vient est essentiel.
Il confère à la machine plus de présence et contribue à déplacer l'attention de la représentation vers le procès de sa constitution.

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Merci à Samuel Bianchini, Jean-François Deblay, Didier Larnac et Etienne Pressager pour leur enthousiasme et leur confiance vis à vis de ce projet.

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Out:

R É A L I S A T I O N:

François SCHULZ
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& l'aide précieuse de:

Dominique CUNIN
Jean-Baptiste DROULERS
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M E R C I:

Dominique CUNIN
Harold GUERIN
Marie MAHLER
Loïc MAILLY
Jihye PARK
Atsuki TAKAMOTO
Johann SCHULZ
Richard WIEST
pour leur aide et soutien à la réalisation et au montage de cette pièce.