Revue de presse / Press reviews


* FOUTRAQUE - 01.05 - paru aussi dans le journal francophone de Budapest.


Certains disques ressemblent à des bouteilles jetées à la mer, ballottées par les océans, chahutées par les vents et brûlées par un soleil dominant. Des disques dont les notes, prises au gré des voyages et des aventures, sautent instantanément à l’oreille de l’auditeur. Des disques uniques et rares qui s’apprécient dans le temps. On y sent les rencontres au coin du feu, les repas qui s’éternisent autour de quelques bouteilles, l’ambiance bon enfant des répétitions et la volonté de bien faire comme d’étonner l’auditeur. "Cent Tas D’Arêtes" ressemble à ça et plus encore. Un projet unique autour de chansons qui le sont tout autant.
Propice aux longs voyages, "Cent Tas D’Arêtes" ne contient que trois titres pour une heure de temps. Trois compositions au long cours, où l’inventivité et l’originalité de VIVE LE ROUGE s’expriment à chaque instant. Délaissant les plages bien établies du rock ou du post rock, ce collectif Cherbourgeois préfère le grand large de l’improvisation, vaste océan où les instruments se mélangent, se confrontent les uns aux autres, tout en laissant surgir des bribes de phrases, des mots débridés tantôt murmurés, parlés, chantés et même criés. Cent Tas d’Arêtes ne peut se résumer mais continue, après plusieurs heures d’écoute, à distiller ses charmes, entre calmes paisibles et tempêtes imprévisibles. Un album à l’image de son collectif, surprenant et terriblement accrocheur.


* LA PRESSE DE LA MANCHE - 01.05


Non, VIVE LE ROUGE n’est pas le nouveau nom du trio license IV ! d’une part parce que l’ami Gilou (avec son petit accordéon) n’est plus de ce monde, et d’autre part parce que nous avons ici affaire à une formation Nord-Cotentinoise, et non pas Aurillacoise comme feu le groupe recordman de longévité en tête du top 50. VIVE LE ROUGE, c’est donc une hybridation de musiciens surdoués issus de la scène cherbourgeoise et ses alentours. Une hydre à huit têtes (mais à géométrie variable) qui navigue dans les courants underground du jeune label Cherbourgeois VIVES-EAUX (SHUTDO, STEAK FROM DELTA), structure défricheuse de musiques actuelles et expérimentales. Mais pour les connaisseurs, VIVE LE ROUGE, c’est avant tout le phoenix né des cendres de XÉBÈCHE, groupe auteur en 2001 de l’aventureux "Mouche ?chat ?", et qui a préféré, pour ne pas créer de confusion avec d’autres formations de la même appellation, se rebaptiser afin de mieux repartir vers l’inconnu sonique. Deuxième album donc, "Cent tas d’arêtes" se révèle être encore plus abstrait et imprévisible que son prédécesseur. À des années lumières de la soupe FM, les trois longues plages ("Wagons-lits","Pelouse" et "Mains rousses") qui composent cet ovni sonore n’ont aucune limite de temps, ni de genres. Post-rock, punk-rock, musak, noise, pop théâtral, free-jazz progressif..., les clivages volent en éclat dès la première écoute où l’on est aussitôt chaviré par un tsunami se sons et de mélodie qui s’entrecroisent et se percutent sans discontinuité. Toujours au bord de la rupture et en perpétuelle tension, l’instrumentation, à la fois complexe et naïve, aime à se nourrir de contrastes. Parfois légère et onirique, puis chaotique et rageuse, cette musique conduit irrémédiablement son auditeur vers la transe (pour peu que l’on fasse l’effort). Guitares, basse, batterie, saxo, clavier, accordéons, mélodicas, flûtes...tout y passe grâce aux talents de ce septuor multi-instrumentistes. Sans oublier, les structures vocales, avec au premier plan, la voix de Anne, la chanteuse, à laquelle font écho les incantations chamaniques des garçons et le lyrisme de Nathalie. Bref, si vous aimez le label CONSTELLATION, DE KIFT , BLONDE REDHEAD... et surtout la musique hors des sentiers battus, cette fanfare du 3éme type est pour vous.


* MAGIC "Revue Pop Moderne" - 03.05


Écarlate. Originaire de Cherbourg, VIVE LE ROUGE est parti voir du pays. Des kilomètres avalés et des concerts donnés de Dijon à Ljubljana voient le septuor s’agrandir de trois nouveaux membres. Avec son second LP, "Cent tas d’arêtes", VLR se bâtit une ville à sa mesure, cosmopolite, dense et mouvante. De raccourcis télescopiques en culs-de-sacs oniriques, la géographie d’un même morceaux semble ne pouvoir se soumettre à aucun espace rationnel. De toute évidence, on préfère se laisser avaler pat telle chausse-trappe ou tel coq-à l’âne. Le tout tient pourtant magistralement debout, avec cet univers forain, bizarre, surgissant comme par magie. On dresse ainsi des chapiteaux de cirque, sur le dernier temps de la mesure, au terme d’une préparation de fourmi. VLR fait preuve d’une efficacité redoutable, qui ne s’acquiert qu’avec un travail acharné et, surtout, une force d’âme extraordinaire, écarlate.


* SANDS-ZINE (Italie) "La webzine dedicata alla musica indipendente" - 03.05


// IT

romanticamente folle

Alfredo Rastelli
Davvero inclassificabile questo disco dei VIVE LE ROUGE, orchestra francese che in soli tre pezzi per tre quarti d’ora in totale di musica riesce a mettere dentro di tutto e di più. Partono epici come uno dei gruppi di Mike Patton (Mr Bungle, Fantomas, Faith No More), proseguono con malinconiche e romantiche melodie balcaniche e finiscono con aperture e cambi in stile rock americano anni novanta sull’asse Chicago-lousville. Come per i gruppi citati (tra cui inserirei anche i CERBERUS SHOAL, per l’attitudine vagamente progressive), anche per questa band francese il termine ‘crossover’ è quello che meglio renderebbe l’idea di quello che ci si potrebbe trovare di fronte; il riferimento è più che appropriato perché davvero la loro musica è un labirinto di influenze e suggestioni, tra le più disparate. Nel loro ‘toccare e fuggire’ mi hanno ricordato anche l’attitudine del ‘rock-in-opposizion’ oltre ai connazionali e storici ETRON FOU LELOUBLAN con i quali condividono soprattutto un’abilità tecnica, la varietà di strumenti e un’assenza di schemi predefiniti. Inoltre innestano un senso pop che qualcosa ha in comune con certi gruppi giapponesi tanto da non essere poi tanto fuori strada se li considerassimo una versione occidentale degli AFTER DINNER. Musica crepuscolare tra cabaret, feste paesane, fanfare, free form, rock e tradizioni folk legati a doppio filo con uno spirito romanticamente pazzarello. Decisamente bravi.

//FR

Vraiment inclassable que ce disque de VIVE LE ROUGE, orchestre français qui dans seulement trois morceaux d’une durée totale de quarante-cinq minutes réussi à y mettre tout et bien plus. Cela commence de manière épique tel un des groupes de Mike Patton (Mr Bungle, Fantomas, Faith No More), se poursuit avec des mélodies balkaniques mélancoliques et romantiques, pour finir avec des ouvertures et changements propres aux groupes américains de l’axe Chicago-Louisville dans les années 90. Comme pour les groupes cités (auxquels j’ajouterai CERBERUS SHOAL pour le côté vaguement progressif), le terme « crossover » est celui qui désignerait le mieux la musique de VIVE LE ROUGE; dénomination plus qu’appropriée à l’écoute de ce disque, véritable labyrinthe d’influences et suggestions des plus disparates. L’absence de schémas prédéfinis, la variété de l’instrumentation et l’habileté technique m’a rappelé certains groupes de la mouvance « rock-in-opposition » comme leurs compatriotes d’ETRON FOU LELOUBLAN. Ils possèdent en outre une sensibilité pop qui a quelquechose en commun avec certains groupes japonais hors des sentiers battus tels qu’AFTER DINNER . Musique crépusculaire entre cabaret, fêtes paysannes, fanfare, free, rock et traditions folk, étroitement liée à un esprit romantiquement fou. Décidément bon. Par Alfredo Rastelli. ( Traduit de l'italien par Dimitri Schulz & Rozenn Brecard )


* SPLENDID (U.S.A) - 04.05


If there’s one thing you can depend on from the French, it’s wacky Dadaist post-rock. VIVE LE ROUGE call themselves an "orchestral rock hybrid", but that’s kind of an understatement. While their compositions have a grand, dramatic heft (particularly the half-wept, half-shouted dialogue in "Les Mains Rousses"), they also have a quaint cacophonic quality that can rattle your skull if you’re not paying attention.
Vive Le Rouge will definitely keep you on your toes. Their songs vacillate without warning between moments of tenderness and tension. Minor chords hang like power lines, dangerously low to the ground, waiting to electrify careless passers-by. Furious handclaps emerge from nowhere like a divebombing flock of birds. Quiet moments of gentle bells, underscored by subtle bass lines, can lapse into an earthquake at the music shop without warning. More to the point, their music can hit the listener personally with a particular acuteness. When they shout, it’s as if they’re yelling at you, specifically, and the plaintive moments of quiet guitar sit like pools of reflection poured just for you. There’s a lot going on with VIVE LE ROUGE and a lot to look out for, so step carefully. Par Georgiana Cohen.


* LONGUEUR D’ONDES (Fr) - 12.04.05


V’là un groupe qui se balance complètement des formats et des références. Qui d’autres oserait pondre des titres de plus de 15 ou 20 minutes sur un album de trois morceaux ? L’incohérence y règne au premier abord, mais en s’y penchant de plus près, la dualité apparaît comme le fil conducteur du disque. Le collectif cherbourgeois s’adonne à une improvisation où les instruments se mêlent dans un brouhaha dionysiaque. Imprévisible, un chant limpide s’y invite parfois, quelque part du côté de la naïveté islandaise de Mùm où Björk. L’oeil du cyclone au milieu d’une tempête luxuriante où les mots, débridés, surgissent par bribes. Le groupe s’aventure sur des territoires inconnus, jonglant entre instrumentations électriques et acoustique, entre fureur psychédélique et apaisement onirique. La dualité dadaïste de cette alternance distille un charme inattenduqu’on apprend à apprécier avec le temps. Par Marie Charrel.


* AUX ARTS (Fr) - 06.05


Est-ce le fait de vivre à Omonville la Rogue donc à deux pas d’Omonville la Petite où vivait et repose Jacques Prévert, mais cet album plein d’élucubrations, de poésie et d’originalité est remarquable. On dirait que Frank Zappa et Brigitte Fontaine ont fait des enfants ensemble et qu’ALBERT MARCOEUR en est le parrain.


* MUSICALITÉ (Fr) - 05.05


Deuxième album complètement décalé et foutraque d’un groupe qui ne l’est pas moins. Ovni musical : une expression appliquée à tellement de groupe qu’au final, elle ne veut plus dire grand chose. Et pourtant, c’est la première qui vient à l’esprit à l’écoute de Cent tas d’arêtes... Il faut dire que le collectif Cherbourgeois ne respecte aucune règle. La règle de l’unité d’abord. Dans chaque morceau, on saute d’un univers à l’autre sans transition. Déroutant. Le groupe goûte à une ambiance tantôt électrique, tantôt acoustique, avec des instruments qu’on ne reconnaît pas toujours. Et soudainement, tombant de nulle part, un délicieux chant de siréne s’invite, à l’improviste. Instant de grâce au milieu d’un joyeux bordel. On n’ose plus respirer. Puis la tempête recommence, la tornade même. Parfois, on croit entendre des hurlements... La règle de la durée ensuite. On ne sait plus bien qui a décidé un jour que les morceaux devaient durer 3 à 5 mns à peu près. Comme si les pauvres bougres que nous sommes ne pouvaient pas être attentifs au-delà. Ou peut-être parce que ça passe mieux à la radio... Bref, Vive le rouge là encore se contrefout de ce standars. Ses titres ne font pas moins de quinze minutes... La règle du nombre. Conséquence de la précédente : avec des morceaux de cette durée, difficile de faire un douze titres. Alors cet album n’en compte que trois. Pas toujours faciles à pénétrer, mais on apprend à apprécier au gré des écoutes. Il n’en faut pas plus pour apprécier cet album hors normes, qui égrène son insolence au fil d’un post-rock intriguant et trop rare. Par Marie Charrel.


* INFRATUNES (Fr) -08.05


VIVE LE ROUGE n’est pas le nom d’un nouveau groupe de ska-punk de campagne, mais celui d’un ensemble de rock cherbourgeois formé de neufs musiciens qui vient de sortir son premier album.
Cent tas d’arêtes est le genre d’album qualifié à la va-vite de post-rock, dans le sens où ses trois chansons sont des pièces d’un quart d’heure, et que VIVE LE ROUGE accueille plusieurs guitares et une batterie au sein de sa formation. Mais ici, pas d’envolée de guitares à la GYBE ou d’explosion de batterie… mais une superposition de tons et de thèmes variés et riches en lyrisme. On préfèrera alors parler de rock progressif, où chaque morceau évolue au fil des minutes entre passages foufous énergiques et à contrario posés, hypnotiques ou vagabonds. La poésie qui s’en dégage est certainement due aux croisements des chants masculins et féminins, murmurés et criés, en français ou dans une langue étrangère, d’opéra ou de salle de bain… Une poésie romanesque, voire une comédie dramatique, puisque sur « Les mains rousses », la chanteuse pleure et chante de toute son âme. Sur le souffle de l’accordéon, la mélopée agit. Vive le rouge utilise de nombreux instruments pour explorer au mieux la polyphonie. Ce qui fait, le charme de cet album est ainsi l’infinité de sonorités très mélodieuses, comme celles des guitares sèches qui colorent l’album d’un ton folk ou les limpides notes de xylophone, de mélodium et de triangle.
Cent tas d’arêtes est un album à la musique protéiforme qui apporte une réelle touche d’originalité. Du rouge fruité, à consommer sans modération. Par Tatoine.


* SANS TAMBOUR NI TROMPETTE - 01.05


Avec un nom pareil, on est fait pour s’entendre. Je les ai vu en concert avec NUEVA VULCANO et JUST A FIRE, la grosse merde de Erskine... Bref, je n’avais pas du tout aimé, surtout la voix de la chanteuse et cette facon très juvénile de mettre la musique en place. Faut dire qu’ils sont tout jeunes... Depuis, l’eau a coulé sous les ponts et l’eau s’est transformée en un tsunami de vin rouge. Car à force de rouge, le délirium arrive à grand pas, c’est bien connu. Et musicalement vous allez me dire ? Et bien figurez-vous que c’est beaucoup mieux, j’aime beaucoup la facon de faire, ce côté décalé et cet amour de la dissonance. Et puis ce mélange de style, cette approche pop de la chose, ce côté tournicoté tout dans le CHIHUAHUA... On pensera aussi bien à CERBERUS SHOAL quà BLONDE REDHEAD, à U.S MAPLE ou à BEEFHEART qu’ils ont du pas mal écouter... mais on y trouvera aussi pas mal d’influences issues du monde jazz expérimental ou à un certain attrait pour les mélodies des musiques de l’Est de l’Europe... En tout cas, c’est très inspiré, après, on aime ou on n’aime pas. Mais en tout cas, vous qui cherchez la différence, allez poser votre oreille chez ces cherbourgeois, vous ne serez pas décus. Parfois, j’ai quand même du mal dans certain côté lyrique (et surtout progressif... méfiance...) mais ce premier disque est franchement osé et il n’y a pas grand monde pour rivaliser avec ces fêtards là dans la France entière et dans ce style de musique... Du post rock mi rock, mi pop, mi expérimental, mi free, mi déglingue mais certainement pas à gerber. A découvrir.


* GUTS OF DARKNESS (Fr) -07.05


Finalement, y a quand même moyen de faire de formidables découvertes par le biais des promos. Voici en effet un groupe bien atypique comme je les aime, des saltimbanques de l’anarchie organisée qui feraient honneur à l’histoire de DÉBILE MENTHOL et ETRON FOU LELOUBLAN réunis. Le collectif VIVE LE ROUGE vient de Cherbourg et s'inscrivent donc d'emblée dans cette tradition décidément bien francophile du dadaïsme musical. ALBERT, mon cher ALBERT, tu n'es plus seul ! Parmi la quantité faramineuse de groupes contemporains à s’essayer également à des formes nouvelles et élastiques (les titres s'étalent tout de même entre douze et dix-sept minutes), on citera leurs compatriotes de MALADE DE SEUL. Mais ces derniers sont bien plus extrêmes, et bien moins mélodieux. Si VIVE LE ROUGE avait été plus punk dans l’attitude, on aurait pu prendre "Cent Tas d’Arêtes" pour le nouveau disque du SINGE BLANC, après une exposition prolongée au catalogue discographique de TORTOISE et de THINKING PLAGE, et non pas UI. Et pour terminer de vous brosser le portrait de ces agitateurs juvéniles, on évoquera aussi peut-être le collectif américain DUFUS avec lequel ils partagent une assise à dominante acoustique (guitare, ocarina, xylophone et beaucoup d'accordéon). Toutes ces références mises à part, VIVE LE ROUGE développe son propre mode d’expression, fait d'atmosphères nuancées au milieu d'un véritable bordel organisé, et de mélodies - je le répète - même si légèrement biaisées. Juxtaposées à leur fascination avérée pour toute forme de dissonances, celles-ci se font à la fois troubles et surréalistes, enfantines aussi, et peut-être surtout terriblement ludique. Au bout du compte, "Cent Tas d’Arêtes" ressemble à un travail de fin d’année réalisé par une bande de morveux qui n'ont qu'une seule envie : celle de signifier très clairement à leur instit qu’ils n'ont de leçons à recevoir de personne. Une des excellentes surprise de l'année 2005. Qu’on se le dise !




Présentation de l’album "Cent tas d’arêtes" par des amis qu’ils l’ont approuvé :


Jacopo Andreini (l’Enfance Rouge, Ovo, Arrington de Dyoniso Quartet...),
Ivo Poderzaj (Zoambo Zoet Workestrao) et
Manuel J Grotesque (chichi el puto, steak from delta, Agripon...)



* Jacopo Andreini (l’Enfance Rouge, Ovo, Arrington de Dyoniso Quartet...)

Pointe extrême du monde occidental. Cherbourg. Où la lune se donne en éclipse improvisée, déchirée dans la nuit. Une maison à la campagne faisant office de refuge, collectif, lien, salle de répétition, studio d’enregistrement. Tout se coince et personne ne s’en aperçoit. Les gens sont échauffés, en hiver, sous l’alcool, derrière des lunettes comme des bouteilles. Les mots sont animés, les joues deviennent rouges. VIVE LE ROUGE. Des cendres de Xébèche et des autres « groupes projets ensembles ». Embrassés par des packagings,petits livrets graphiques merveilleux, dans le sens qu’ils provoquent de la merveille sous les doigts et les yeux. La musique est si dense, complexe et belle. Seulement belle. Belle aussi. Surtout belle. Combien d’instruments, de notes, de passages. Combien de travail, d’études, de recherche. Il n’y a pas une note hors lieu, pas un sentiment laissé hors du pentagramme. Pas de pentagramme du tout. Les doigts, toujours les doigts, ils peignent avec légèreté, rage, séduction et détermination. La musique est folle. Je pourrais vous parler des caisses claires si fortes mais si justes dans le mixage qu’on peut écouter les mélodies du saxo.
D’une voix qui crie "laissemoilaissemoilaissemoilaissemoi !"avec une ardeur qui va au-delà de la théâtralité. Mais je ne vous dirais que des détails techniques, pensés à froid, qui ne sont que des considérations intellectuelles. Par contre ce sont les nerfs qui sont entrain de partir, laissant les corps qui désirent la mer nocturne de Cherbourg, que personne d’entre nous ne sait où elle se trouve. Allez-y. Attrapez tout.

* Ivo Poderzaj (Menza pri koritu klub/Ljublana)

Quel luxe de tomber sur un album rock où l’on prend du plaisir à patienter un peu avant de se lancer dans la prochaine plage… des morceaux à la synesthésie Debussyenne, comme une vision architecturale de colonnes vertébrales entrelacées sans fin. La beauté dans la dualité de VIVE LE ROUGE, est certainement due à un choix : tout en échappant à un produit figé, ils maîtrisent simultanément styles divers et contrastes énergiques et chantent des textes romanesques voire décadents. On peut croire que les jeunes groupes rock français (tels que CHEVAL DE FRISE, MISS GOULASH et API WIZ) ont intériorisé l’ambiance d’un post-rock libéré en ne conservant que la surface placide, surface sous laquelle des rythmiques tectoniques et maints chocs harmoniques se manifestent. Dans le cas de VIVE LE ROUGE, les mélopées quasi finno-hongroises sont d’une naïveté comparable au « Tabbaco’s shop » de Jarmush, alors que la ligne mélodique maintient une douce séduction à la manière des guitares chez U.S Maple, à la fois dadaïste et mimétique. Sous l’égide du label VIVES-EAUX, tout comme leurs amis STEAK FROM DELTA, on ne peut que se réjouir de cette mutation, qui s’apparenterait à l’audace d’ ETRON FOU et de bien d’ autres groupes du genre « Rock in opposition », en BOREDOMS d’aujourd’hui.

* Manuel J Grotesque (chichi el puto, steak from delta, Agripon...)

Ils connaissent un passage vers des ruines englouties. On se sent convié à un jeu de pistes sans règles. Des incantations sont prononcées : a-t-on compris quelques mots ? Les mélopées s’entrecroisent. Train fantôme, bâteau fantôme, cheval fantôme, verre à vin fantôme... Tout ce petit monde mute autour de nous et nous prend à parti sans ménagement. La durée leur permet de nous faire entrer dans une sorte de transe onirique évitant toutes les facilités du rock progressif : ici aucun vide planant ou martellement hypnotique. Les escaliers et les couloirs s’effacent après qu’on les ait parcourus : pour les revoir, il faudra repasser un autre jour et espérer emprunter le même chemin. Peu de chance, en fait : l’orchestre extra-marin nous donne tellement à écouter que notre propre imagination est mise à l’épreuve. Ces rencontres impromptues et étranges font l’éloge du moment présent, qui passe et ne revient pas, d’où l’absence totale du pompeux dans leurs constructions pourtant impressionnantes. J’attends la suite de leur aventure avec impatience !


Out:

D I S Q U E S:

"Cent tas d'arêtes" - 09/2004
"Mouche? Chat? - 12/2001
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L I N K S:

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